Depuis 1973, BNP Paribas est le principal partenaire de Roland-Garros. Le renouvellement de cet accord pour cinq années supplémentaires à compter de 2027 confirme la puissance économique et symbolique d’un sponsoring au long cours dans le sport de haut niveau.
Dimanche, la banque française a officialisé le renouvellement de son accord avec la Fédération française de tennis (FFT), pour cinq ans à compter de 2027, avec la possibilité de prolonger au-delà de 2031. Ce sont donc potentiellement plus de soixante ans de compagnonnage qui se dessinent. Ce qui frappe dans cet accord, c’est moins son renouvellement (attendu) que la profondeur de l’engagement qu’il recouvre. BNP Paribas investit chaque année plusieurs dizaines de millions d’euros dans le tennis, et Roland-Garros en est le principal bénéficiaire. Au-delà du sponsoring affiché, la banque a joué un rôle de financeur structurel dans la modernisation du stade. « Quand il a fallu faire les travaux de Roland-Garros, nous avons apporté 200 M€ en financement structuré. Nous l’avons fait sans aucune hésitation pour aider la fédération et le tournoi à se moderniser et à se protéger des intempéries », rappelle Thierry Laborde, directeur général délégué de BNP Paribas. Un engagement qui remonte aux origines : l’agence BNP d’Auteuil avait déjà financé l’agrandissement du court central dès 1973. « Le fait d’avoir ce partenariat de temps long, c’est très important pour nous, pour nos projets. Les travaux, les nouvelles constructions, les grosses évolutions structurelles de Roland-Garros comme la couverture de deux courts, tout ça se fait sur le temps long », souligne Amélie Mauresmo, directrice du tournoi.
Un tournoi en pleine accélération économique
Pendant que le partenariat se consolide dans la durée, le tournoi, lui, accélère. Grâce à une jauge quotidienne élargie avec l’« opening week » et à de nouvelles expériences immersives, le chiffre d’affaires de Roland-Garros devrait franchir le cap des 400 M€ cette année. Après avoir accueilli 687.000 spectateurs en 2025, l’édition 2026 vise les 700.000 entrées, portée par une audience en hausse (324 millions de téléspectateurs uniques dans plus de 190 pays l’an dernier). Le budget du partenariat suit mécaniquement. « Le budget suit logiquement l’évolution du tournoi. Le tennis progresse, Roland-Garros progresse, et nous accompagnons naturellement cette évolution », formule Vincent-Baptiste Closon, directeur des partenariats de BNP Paribas, sans dévoiler le montant précis du contrat.
Un écosystème à irriguer
Pour BNP Paribas, Roland-Garros n’est pas seulement un terrain d’exposition de marque. Le tournoi lui offre une vitrine incomparable et un espace d’hospitalité premium pour ses principaux clients pendant la quinzaine. Mais l’engagement dépasse le périmètre du stade. La banque accompagne plusieurs projets portés par la FFT, notamment l’accès à la pratique pour tous et le développement des infrastructures. Thierry Laborde cite en particulier l’ambition « de doter beaucoup plus de clubs en France de terre battue, à aider les clubs à transformer leurs courts, qui sont aujourd’hui majoritairement en béton ». Le programme « Jeunes Talents », lancé en 2018, s’inscrit dans la même logique de développement du tennis français depuis la base jusqu’au sommet. Plusieurs joueurs issus de ce dispositif (Moïse Kouame, Arthur Gea, Luca Van Assche, Diane Parry, Elsa Jacquemot) figurent dans le tableau principal de Roland-Garros cette année, preuve tangible que l’investissement porte ses fruits bien au-delà du sponsoring. « Nous avons grandi et évolué ensemble, faisant de ce partenariat une histoire unique, fondée sur la fidélité et la passion pour un sport que nous soutenons et aimons profondément », conclut Thierry Laborde.