Emirates officialise un partenariat avec Les Internationaux de France de tennis. Un partenariat initié par Infront Sports sous la houlette de son patron France Jean-François Jeanne. La compagnie aérienne de Dubaï s’engage pour cinq ans avec Roland-Garros dès l’édition 2013. Un renfort de poids pour la Fédération française de tennis (FFT) dont le projet d’extension du site est non seulement englué, mais va coûter également plus cher que prévu.

Sponsor principal du Paris SG en football, Emirates, qui s’affiche également sur les maillots d’Arsenal et du Milan AC, est déjà engagé dans le tennis. On retrouve la compagnie de Dubaï comme partenaire de l’US Open (dernière épreuve des tournois du Grand Chelem), et de plusieurs épreuves labellisées Masters 1000 comme la Rogers Cup (disputée alternativement à Toronto et à Montréal) au Canada, à Rome ou à Indian Wells. Le sport est un terrain de communication privilégié pour la marque dont le logo est visible depuis cette année sur les circuits du Championnat du monde de Formule 1. Il est vrai que les athlètes comme les spectateurs voyagent beaucoup. Aussi, pour compléter son portefeuille de droits, Emirates est également présent en rugby auprès des arbitres et en voile, puisque la compagnie est engagée avec le défi néo-zélandais dans la Coupe de l’America et qu’elle donne même son nom : Emirates Team New Zealand. Le golf a aussi droit à l’investissement de la compagnie aérienne (de la Ryder Cup en passant par le Championnat du monde à Dubaï ou bien divers tournois disputés sur la planète), sans oublier le cricket et les courses de chevaux. Un inventaire à la Prévert ? Peut-être pas, mais force est de remarquer qu’Emirates poursuit une politique d’omniprésence. Lors de la présentation de ce nouveau partenariat, Tim Clark, président d’Emirates, n’a pas manqué de souligner l’analogie entre les Internationaux de France de tennis et la compagnie aérienne : Le tournoi de Roland-Garros, qui tire son nom de l’un des pionniers français de l’aéronautique, est une extension naturelle de notre portefeuille de parrainages actuel dans le tennis, a-t-il souligné. Il a également profité de l’occasion pour réclamer plus de vols en France. Nous aimerions augmenter notre présence en France en ajoutant des vols vers des villes que nous desservons déjà et en ouvrant de nouvelles dessertes comme Marseille, Toulouse, ou Bordeaux, a-t-il expliqué. La compagnie dessert déjà Lyon et Nice, en plus de Paris. Avec 32 vols par semaine au départ de France, Emirates est la principale compagnie long-courrier dans le sens ouest-est. En plus de la présence renforcée de la marque dans le sponsoring sportif en France, Tim Clark, pour appuyer sa demande, a souligné la valeur ajoutée de la présence d’Emirates en France. Nous contribuons à hauteur de 200 millions d’euros par an à l’économie française, calcule-t-il. Un chiffre qui marque les esprits et qui inclut notamment les achats d’Airbus, dont Emirates est l’un des principaux clients.

Concrètement durant le tournoi de Roland-Garros, Emirates, moyennant un investissement supérieur à 3 millions d’euros par édition, disposera d’emplacements significatifs pour apposer son logo sur le court central Philippe Chatrier. Mais également de loges au bord des courts ainsi que d’un salon privé pour accueillir ses invités au toujours très prisé Village de Roland-Garros. La compagnie des Emirats arabes unis aura aussi à sa disposition un espace pour accueillir le grand public dans le RG Lab, une zone d’animation.

L’arrivée d’Emirates intervient à un moment crucial pour la Fédération française de tennis (FFT). Sous la pression des joueurs, la dotation des Internationaux de France ne cesse d’augmenter (22 millions d’euros cette année, plus dix millions d’ici à 2016) alors que le coût prévisionnels des travaux d’extension du site ont explosé. Engagés dans un processus de revenus supplémentaires, les dirigeants de la FFT activeront prochainement une nouvelle carte avec le levier des droits de retransmission. En France, ils espèrent augmenter le montant de 15 millions d’euros actuel de France Télévisions. La concurrence de M6, candidat déclaré à l’achat de tout ou partie des droits, leur est favorable pour provoquer une surenchère, même si France Télévisions est engagée dans un processus de réduction des coûts.