L’appel d’offres a tourné court. Un mois seulement après avoir lancé sa procédure, la Fédération française de football a annoncé qu’elle prolongeait son partenariat avec son équipementier Nike jusqu’en 2026.

La marque américaine Nike a de nouveau remporté son duel face à Adidas (et aussi dominé les Américains Under Armour et New Balance, ainsi que le Coq Sportif et Kipsta) si tant est que les deux poids lourds se soient affrontés férocement sur ce dossier. La marque à la virgule restera l’équipementier officiel de la Fédération française de football entre 2018 et 2026. L’atout de Nike serait d’avoir intégré le football amateur dans son nouveau partenariat. On pensait la chose déjà effective, mais comme la Fédération prend soin de le souligner, il faut en déduire que l’Américain améliore son offre par rapport au contrat en cours. A la suite d’une consultation lancée le 2 novembre 2016, l’équipementier sportif a su se montrer le plus convaincant du marché notamment grâce à une offre spécifique dédiée au football amateur. La Fédération Française de Football se félicite de poursuivre ce partenariat de qualité avec Nike qui fut initié en 2011, indique la FFF dans un communiqué.

Pour rappel, Nike, lié à FFF depuis 2011, verse quelques 45 millions d’euros par an à la FFF (dont une partie, 7,5 millions d’euros, en dotation d’équipements). Noël Le Graët, président de la FFF, espérait tirer 50 millions d’euros par an. A ce tarif, la « 3F » fait aussi bien que la fédération allemande (DFB) qui avait obtenu cette somme record cet été auprès d’Adidas jusqu’en 2022 (voir Sponsoring.fr n°203). Selon L’Equipe, Nike s’engage à verser une somme de 38 millions d’euros par an au football français, plus 12 millions de dotation en équipements pour toutes les sélections (A, féminines, Espoirs, jeunes..), mais aussi en faveur des Ligues et des Districts. Ce nouveau contrat marque l’attachement de l’équipementier à nos sélections nationales, au football amateur et à la Fédération. Il marque aussi la valeur de notre football et récompense un travail collectif remarquable, souligne Noël Le Graët. Ce supplément est bienvenu pour le monde amateur, mais aussi pour Noël Le Graët, candidat à un troisième mandat à la tête de la Fédération en mars 2017. Le sortant assure que le timing de l’annonce n’a rien avoir avec la prochaine élection. Imaginez que l’on ait eu 30 % de moins qu’aujourd’hui. J’aurais eu bonne mine… En fait, nous sommes obligés de faire un appel d’offres dix-huit mois avant le terme du contrat pour que les équipementiers aient ensuite le temps d’imaginer et de produire les collections nécessaires. L’argumentation peut s’entendre, mais le résultat est là. Déjà à la manoeuvre lors de la précédente négociation qui avait fait exploser les prix et déloger Adidas de son contrat historique, Noël Le Graët peut se présenter devant ses électeurs avec un atout supplémentaire. D’autant que l’effort de Nike envoie aussi un message aux autres partenaires de la FFF avec qui les échéances de négociation se rapprochent. C’est un bon signe pour tous nos partenaires, confirme le patron de la FFF. Actuellement, ils sont contents de l’image de l’équipe de France et de notre équipe marketing.
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Les fêtes de fin d’année rendent Nike particulièrement généreux en ce moment. Avant l’accord avec la Fédération française de football, l’équipementier avait prolongé également son association avec le football britannique. Un nouveau contrat a été conclu avec la Fédération Anglaise (FA). L’accord est valorisé 33 millions de livres par exercice, soit 39 millions d’euros.