Sous pression depuis plusieurs mois, Premier Tech a officialisé la fin de son partenariat avec Israel-Premier Tech malgré l’abandon du nom d’Israël dans la dénomination de l’équipe cycliste.
L’entreprise québécoise Premier Tech a mis un terme, vendredi, à son contrat de sponsoring avec l’équipe Israel-Premier Tech, effective immédiatement. Co-sponsor depuis 2022, la société justifie sa décision par la perte de sens du projet initial. « La raison principale pour laquelle Premier Tech sponsorisait l’équipe a été tellement éclipsée qu’il nous est devenu impossible de continuer à la sponsoriser », précise le communiqué officiel.
Une rupture annoncée après des mois de tension
Derrière ce départ brutal se cache un long bras de fer entre Premier Tech et Sylvan Adams, milliardaire israélo-canadien et copropriétaire de l’équipe. Ce dernier, proche du Premier ministre Benyamin Netanyahou, avait tenté d’apaiser les tensions en annonçant un changement de nom pour la saison 2026 et en se mettant en retrait de la gouvernance. Des décisions jugées insuffisantes par le sponsor québécois, qui a préféré se désengager avant la fin du cycle contractuel.
L’équipe Israel-Premier Tech a vu son image se dégrader ces derniers mois, dans un climat international de plus en plus tendu. Manifestations propalestiniennes lors de la Vuelta, exclusions de plusieurs courses (dont le Tour d’Émilie) et pressions des partenaires techniques comme le fabricant de vélos Factor : les signaux d’alerte s’étaient multipliés.
Le retrait de Premier Tech illustre la difficulté, pour les structures sportives adossées à des États ou des causes nationales, de maintenir une neutralité politique perçue. Dans un marché où les marques exigent de la stabilité et une image apaisée, le mélange entre sport, diplomatie et communication devient explosif. Le retrait de Premier Tech dépasse le cas du cyclisme : il témoigne d’un nouvel équilibre entre business et politique dans le sport mondial. Les sponsors refusent désormais toute exposition à la polémique, quitte à se retirer de projets emblématiques.
Un coup dur économique
Pour l’équipe, cette décision est un revers économique majeur. Premier Tech représentait un apport estimé à plusieurs millions d’euros par saison, indispensable au financement d’un effectif de niveau WorldTour. Sans ce soutien, la formation fondée autour du projet « Start-Up Nation » entre dans une phase d’incertitude : recherche de nouveaux investisseurs, possible restructuration, voire relocalisation de la licence sous un pavillon plus neutre. Le projet de soft power, initié en 2018 avec le départ du Giro à Jérusalem, semble aujourd’hui à bout de souffle.


