Le marketing d’influence sportif pèse 587 M€ en France (selon l’étude ARPP–France Pub), porté par près de 4 800 créateurs actifs sur les réseaux sociaux. Avec leur nouvelle certification, l’INSEP et l’ARPP entendent offrir aux annonceurs un outil inédit pour sécuriser leurs partenariats avec les athlètes.
L’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP) s’associe à l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) et à l’agence Sport 1.5 pour lancer le Certificat de l’Influence commerciale responsable décliné au sport de haut niveau. Les sportifs « sont devenus des acteurs médiatiques et économiques à part entière, dont les prises de parole sur les réseaux sociaux s’inscrivent désormais dans des logiques de création de contenu et de partenariats avec les marques », résument l’Insep et l’ARPP. Cette déclinaison s’appuie sur un dispositif déjà éprouvé, qui a certifié plus de 2 560 créateurs de contenu toutes catégories confondues, et l’adapte aux spécificités des sportifs.
Un risque réputationnel mieux maîtrisé
Pour une marque, contracter avec un athlète relève souvent d’un pari : popularité, valeurs incarnées, mais aussi incertitude sur sa maîtrise des règles encadrant les contenus sponsorisés. Au premier semestre 2026, près de 3 750 créateurs sport ont publié plus de 15 000 contenus mentionnant une marque du secteur, un volume qui multiplie les zones de friction juridique et déontologique. Les sportifs sont « des ambassadeurs particulièrement recherchés par les marques », mais « ils ne disposent pas toujours des repères nécessaires pour encadrer leurs collaborations commerciales et leurs prises de parole sur les réseaux sociaux », relèvent l’Insep et l’ARPP. La certification entend réduire ce risque en formant les athlètes aux règles de transparence publicitaire, avant qu’ils ne deviennent ambassadeurs. « L’influence responsable constitue un enjeu majeur pour l’ensemble des acteurs de l’écosystème numérique. En adaptant notre programme de certification aux spécificités du sport de haut niveau, nous souhaitons permettre aux athlètes de devenir des ambassadeurs exemplaires des bonnes pratiques publicitaires et déontologiques. Cette initiative contribue à renforcer la confiance entre les créateurs de contenu, les marques et le public », complète Mohamed Mansouri, directeur délégué de l’ARPP.
Un répertoire pour faciliter le sourcing
Au-delà de la formation, le dispositif crée un outil concret : à l’issue de leur parcours (un module e-learning de 4 heures portant sur les règles juridiques, déontologiques et éthiques encadrant les collaborations commerciales suivi d’un questionnaire de validation de 30 minutes), les sportifs certifiés intègrent le répertoire des profils certifiés de l’ARPP. Les marques disposent ainsi d’une base consultable pour identifier des ambassadeurs déjà formés, sans avoir à vérifier elles-mêmes leur conformité aux usages publicitaires. Les sportifs labellisés pourront également afficher sur leurs réseaux sociaux cette certification, rendue obligatoire par certaines marques. Un gain de temps et de sécurité juridique, dans un marché où la traçabilité des contenus sponsorisés est de plus en plus scrutée.
Reste à savoir si ce label deviendra un critère de sélection à part entière dans les négociations de contrats. Pour Maël Besson, fondateur de Sport 1.5, l’enjeu dépasse la seule conformité publicitaire : « Les athlètes sont copié.e.s et imité.e.s. Maîtriser ce que l’on promeut au travers du sport, c’est influencer nos normes sociales, nos comportements et nos habitudes du quotidien. » Une responsabilité qui, à mesure que les communautés sportives se structurent en ligne (71 % des fans de sport participent à des communautés numériques liées à leur discipline, selon une étude Deloitte Digital de 2025, ndlr), pourrait peser de plus en plus lourd dans le choix des marques.
Une première promotion de 50 sportifs intégrera le dispositif, qui pourrait, à terme, redéfinir les standards du sponsoring d’athlètes en France.

