Betclic annonce le déploiement d’un dispositif de lutte contre le cyberharcèlement visant les sportifs professionnels, en partenariat avec plusieurs fédérations majeures et ligues professionnelles françaises. L’initiative, soutenue par la Fédération Française de Tennis (FFT), intervient alors que les données attestent d’une intensification des violences numériques à l’encontre des athlètes, souvent corrélées aux enjeux de paris sportifs.
Le dispositif est mené avec la Fédération Française de Football (FFF), la Fédération Française de Rugby (FFR), la Fédération Française de Volley (FFVB) et la Fédération Française de Handball (FFHandball), ainsi qu’avec la Ligue Nationale de Basket (LNB), la Ligue Nationale de Rugby (LNR) et la Ligue Nationale de Volley (LNV). « De nombreux sportifs (…) ont récemment pris la parole pour dénoncer ces violences, parfois alimentées par des parieurs frustrés », indique l’entreprise. « Ce qui change aujourd’hui avec les réseaux sociaux, c’est l’ampleur et la permanence de la violence. Aucune défaite, aucun résultat, aucun pari perdu ne justifie l’insulte, la menace ou le harcèlement. Avec ce programme, nous assumons notre responsabilité », estime Julien Brun, directeur général de Betclic Group.
Cette alliance intervient dans un contexte documenté. Une étude conjointe de la FIFA et de la FIFPRO, le syndicat international des joueurs, publiée en 2022 révèle que 50 % des joueurs de l’Euro 2020 et de la CAN 2021 ont reçu des messages abusifs durant la compétition. Sur plus de 400.000 publications analysées, environ 20.000 présentaient un caractère clairement insultant, discriminatoire ou menaçant. Selon la FIFPRO, un joueur professionnel sur cinq déclare avoir subi des abus en ligne au cours de sa carrière. Une majorité estime que ces attaques affectent leur bien-être psychologique et leur performance.
Le phénomène ne se limite pas aux grands tournois internationaux. En France, plusieurs internationaux ont récemment dénoncé des vagues d’insultes après des penalties manqués ou des cartons rouges décisifs, illustrant une banalisation inquiétante des attaques ciblées. Selon une étude du CNOSF en 2024, 85 % des athlètes disent avoir été victimes de cyberviolence, dont du cyberharcèlement.
Des pics corrélés aux enjeux de paris
Les compétitions à forte audience amplifient mécaniquement les dérives. Lors de la Coupe du Monde 2022, le service de protection des réseaux sociaux mis en place par la FIFA a analysé plus de 20 millions de publications et commentaires. Les pics d’abus se concentraient dans l’heure suivant les rencontres à élimination directe.
Dans le tennis professionnel, la WTA et l’ITF ont indiqué qu’environ 40 % des messages abusifs recensés provenaient de comptes liés à des parieurs mécontents. Certaines joueuses ont rendu publics des messages de menaces explicites après des abandons sur blessure ou des défaites inattendues, révélant un lien direct entre pertes financières et agressivité numérique.

Face à ces constats, le programme soutenu par Betclic repose sur un outil de veille et de modération des réseaux sociaux permettant d’identifier rapidement les contenus problématiques, d’en faciliter la suppression et d’accompagner les sportifs dans d’éventuelles démarches judiciaires.
L’approche vise à professionnaliser la gestion du risque numérique. Dans un environnement où l’exposition digitale est devenue un actif commercial central, l’absence de protection fragilise la valeur globale des compétitions.
Pour les fédérations et ligues partenaires, la question s’inscrit dans un cadre plus large de gouvernance. Les droits reposent sur l’intensité de l’engagement des audiences et sur la valorisation des figures sportives. Or, la multiplication des attaques peut conduire certains athlètes à restreindre leur présence en ligne, voire à fermer leurs comptes. Cette contraction de la visibilité impacte directement les stratégies d’activation des sponsors et la dynamique des communautés numériques.
En structurant une réponse collective, les ayants droit cherchent à sécuriser leur capital humain, devenu un pilier de la chaîne de valeur.
Comment Betclic compte éradiquer la haine sur sa plateforme
Pour l’opérateur, cette initiative participe d’un ancrage institutionnel dans un marché régulé par l’Autorité nationale des jeux (ANJ) et sous surveillance accrue des pouvoirs publics. La corrélation entre paris perdus et messages violents étant documentée, l’engagement dans la lutte contre le cyberharcèlement permet de répondre à une attente croissante des partenaires sportifs.
Pour lutter contre ce phénomène, Betclic fait appel à l’ONG Respect Zone pour former les athlètes. Elle les aidera à « identifier les signaux d’alerte, sécuriser leurs comptes, documenter les attaques et activer les bons relais en cas d’escalade ».
Deux campagnes annuelles d’ampleur inédite replaceront le sujet au centre du débat public. La première, diffusée à partir de février sur les réseaux sociaux et sur l’application notamment, vise à toucher plus de 20 millions de personnes.
Enfin, l’opérateur intègre désormais « un contrat d’engagement contre le cyberharcèlement » pour toute inscription à ses plateformes. Les parieurs déjà clients devront, quant à eux, accepter des nouvelles conditions générales d’utilisation « enrichies d’un volet responsabilité numérique ». « Les parieurs devront s’engager formellement à ne pas se livrer à des actes de harcèlement, d’insulte ou de menace » à l’encontre des sportifs, entraîneurs et arbitres, insiste Betclic. En cas de manquement à ces engagements, les parieurs fautifs pourront être suspendus provisoirement, bannis des plateformes de Betclic, voire signalés « aux autorités compétentes ».
Ce programme évolutif sera déployé dans tous les pays d’implantation de Betclic.
À moyen terme, cette posture pourrait peser dans les négociations de sponsoring et dans la consolidation des accords commerciaux avec les ligues professionnelles. La démarche pourrait faire école. À mesure que les données s’accumulent et que les cas médiatisés se multiplient, la pression s’intensifie sur l’ensemble des acteurs : plateformes numériques, diffuseurs, opérateurs et organisateurs. La lutte contre le cyberharcèlement s’installe progressivement comme un nouveau standard de gouvernance du sport professionnel.