Pour les acteurs de l’économie du sport les opportunités sont nombreuses en Afrique. Un colloque coorganisé par le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) et Sporsora s’est penché sur le sujet.

Le marché du sport africain, en plein essor, offre aujourd’hui de nombreuses perspectives économiques. Ce continent doublera sa population d’ici 2050 (2,4 milliards d’habitants), dont plus de la moitié parlera français. Il s’agit d’une opportunité, compte tenu du retard du sport et du sport business ainsi qu’un potentiel hors norme qui va prendre forme dans les années à venir. Les sponsors précurseurs bénéficieront donc de l’effet pionnier. « L’Afrique est la future star du sport car les populations vont augmenter, et qu’elles sont passionnées de sport, souligne Bruno Lalande, vice-président de Sporsora, en charge des relations internationales. Le sport est le ciment qui rassemble différentes ethnies sur un même sujet. La France doit accompagner, respecter et co-construire la chaine de valeurs des entreprises vers le sponsoring. La France n’est pas seule sur ce marché et doit avancer de façon pragmatique. C’est le sens des messages transmis aujourd’hui par Sporsora et le CIAN. Les enjeux sont vastes et les enjeux multifacettes. Il y a beaucoup à faire. C’est maintenant qu’il faut le faire. »

Des propos corroborés par Franck Paris, Conseiller pour l’Afrique – Cellule Diplomatique de la Présidence de la République Française : « L’angle du sport est nouveau mais central dans notre politique africaine. Il y a deux marqueurs sur le fond dans la doctrine africaine du Président : la culture et le sport pour recréer une base commune. En plus de la sécurité, de l’économie et de l’éducation, le sport est un vecteur pour nous mener vers une meilleure éducation et vers une plus d’égalité Homme/Femme. C’est un point d’entrée efficace pour aider à structurer une filière économique. La France doit être l’acteur majeur de cette structuration portée par une volonté présidentielle, par la perspective des JO 2024 et par l’aval des bailleurs. La France a un temps d’avance sur ses concurrents pour faire rayonner son savoir-faire en matière d’économie du sport et de sport féminin avec des enjeux d’accompagnement et de rayonnement. »

« L’Afrique est sur la voie complète du décollage, abonde Etienne Giros, président délégué du CIAN et président de l’EBCAM (Conseil Européen des Affaires pour l’Afrique et la Méditerranée). Dans les 30 années à venir elle sera un relais de croissance de l’économie mondiale, malgré des difficultés connues. Elle comptera 1 milliard d’habitants de plus en deux générations. Cet essor s’accompagne de l’émergence d’une classe moyenne de 350 millions d’Africains qui a des exigences et des désirs nouveaux. Ce chiffre va continuer à augmenter avec un intérêt croissant pour le sport. La conjonction, croissance-urbanisation-population est porteuse pour l’économie du sport. Les entreprise françaises peuvent investir deux champs porteurs dans l’économie du sport en Afrique : aider et participer à la structuration de l’industrie du sport (fédérations, ayant-droits) et investir dans le sponsoring pour faire connaitre leur marque grâce à ce vecteur sans doute le plus porteur. Ceci nécessite de croire dans le futur de l’Afrique et d’agir par anticipation car les nouveaux acteurs tapent à la porte. »