Avec la complicité du CSA, La Lettre de l’économie du sport publie comme chaque saison les temps d’antenne des émissions sportives sur les chaînes nationales pour l’année précédente. En 2006, année de la Coupe du monde de football en Allemagne et des Jeux olympiques d’hiver de Turin, les programmes sportifs ont enregistré sur TF1, France 2, France 3, Canal + et M6 une hausse de près de 400 heures par rapport à 2005. Avec 2 194 heures de sport diffusé sur les chaînes nationales, 2006 a été une grande année sportive. Le football représente plus de 33% de ce total, avec plus de 736 heures.

2 194 heures de sport, soit 5% de l’offre de programmes : par rapport à l’année 2005, ce total représente une augmentation de 397 heures, correspondant pratiquement au volume d’heures consacré par les chaînes nationales à la Coupe du monde de football en Allemagne et aux Jeux olympiques d’hiver de Turin.

> Tableau : Temps d’antenne du sport sur les chaînes hertziennes en 2006

Année de Coupe du monde oblige, le football domine largement les autres disciplines sportives avec 736 heures de football programmés sur les chaînes nationales, dont environ 160 heures d’antenne pour le Mondial et 403 heures diffusées sur Canal+. Le rugby réalise un joli score avec 199 heures d’antenne : le ballon ovale séduit de plus en plus de téléspectateurs. Suivent le tennis (196 heures), les JO de Turin (194 heures), le basket-ball (184 heures), les émissions généralistes (170 heures) et le cyclisme (146 heures). Le sport automobile se place dans le haut du tableau avec 77 heures, largement porté par TF1 qui diffuse à elle seule 49 heures de programmes de sport automobile hors Formule 1. Il faut aussi souligner les bons résultats enregistrés par l’Athlétisme (70 heures), le hockey sur glace (43 heures) et le football américain (38 heures).Grand absent de ce tableau : l’escrime. Mention spéciale à Canal+ qui est la seule à diffuser de la boxe thaï et à M6 pour sa programmation surf… le sport de glisse enregistrant néanmoins le volume horaire le plus faible.

Le CSA instaure progressivement le régime déclaratif auprès des chaînes hertziennes

Robert Barcilon, chargé de mission à la Direction des programmes (*) du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et notamment en charge du suivi du sport et des chaînes sportives, nous explique comment s’opère la collecte des données sportives. Au départ, le paysage audiovisuel français comportait très peu de chaînes de télévision. Le CSA avait donc choisi de faire appel à un sous-traitant, Médiamétrie, pour assurer la saisie exhaustive d’un conducteur… Il s’agit d’un logiciel capable de classer et de répertorier les programmes par genre. Un code à plusieurs chiffres est associé à un type de programmes. Il permet notamment de reconnaître une émission ou une discipline sportive, de la classer en conséquence et de la rechercher aisément par la suite. Ce système de recueil de données se doublait d’un contrôle plus direct au visionnage du CSA. L’augmentation de l’offre télévisée, notamment liée à l’émergence de nouvelles chaînes thématiques autour des deux grands groupes TF1 et Canal+, oblige aujourd’hui l’Autorité administrative indépendante (AAI) à alléger la procédure. Il a fallu un système de remplacement. Depuis cette année, le CSA met donc progressivement en place le régime déclaratif. Comme son nom l’indique, ce système conduit les chaînes à déclarer elles-mêmes auprès du CSA l’ensemble des programmes qu’elles diffusent. Déjà opérationnel auprès des chaînes du câble et du satellite qui ont l’obligation de le faire, le régime déclaratif est actuellement étendu aux chaînes hertziennes. Nous sommes en pleine période de transition… A court terme, cette procédure permettra d’une part de faire face au manque de moyens du CSA, d’autre part d’instaurer une relation différente avec les chaînes. Robert Barcilon fait remarquer au passage que les chaînes sportives sont soumises à des obligations légales, réglementaires et conventionnelles, au même titre que n’importe quelle chaîne de télévision (interdiction de la publicité clandestine, protection des événements majeurs, etc.).

* La direction des programmes, qui rassemble une cinquantaine de personnes, analyse les programmes des services de radio et de télévision. Elle s’appuie, autant que de besoin, sur les travaux des comités techniques radiophoniques. Elle vérifie que les obligations incombant à ces services en matière de programmation et de production sont respectées. Elle procède à cette fin à des enquêtes à la demande du conseil. Elle informe immédiatement le conseil des manquements relevés Elle établit et diffuse des synthèses annuelles de ses observations, ainsi que des études et enquêtes se rapportant à ses attributions. Elle contrôle le respect du pluralisme par les services de radio et de télévision. Elle est chargée de la préparation des recommandations relatives aux élections, en liaison avec la direction juridique, ainsi que de la préparation et du suivi des décisions du conseil relatives aux émissions des campagnes électorales.
Repères : le rôle du CSA

– Nommer les présidents des télévisions et des radios publiques
– Délivrer des autorisations aux stations de radio MF et MA, aux télévisions locales, aux chaînes de
télévisions diffusées par câble, par satellite, par internet, par ADSL, etc.
– Rendre des avis au gouvernement sur les projets de loi et de décrets qui concernent l’audiovisuel
– Gérer et attribuer les fréquences destinées à la radio et à la télévision
– Gérer les problèmes de réception que peuvent rencontrer les auditeurs et les téléspectateurs
– Veiller au respect du pluralisme politique et syndical sur les antennes
– S’assurer du respect par tous les diffuseurs des lois et de la réglementation en vigueur
– Sanctionner une station de radio ou une chaîne de télévision qui ne respecte pas la réglementation