Le Paris Saint-Germain et l’Ecole polytechnique lancent un challenge pour trouver un étudiant qui mettra au point un algorithme d’aide à la décision pour les entraîneurs.

Le « Sports Analytics Challenge » invite, jusqu’au 15 avril, des milliers d’étudiants du monde entier, amateurs de sciences, à se creuser les méninges au service du sport. Objectif : « Révéler le prochain virtuose de la performance sportive. » Plus de 2.000 candidats ont déjà répondu à l’appel. Beaucoup d’étudiants étrangers, certains inscrits dans des institutions très réputées comme les universités américaines de Princeton, Stanford, Berkeley ou encore le MIT (Massachusetts Institute of Technology).

100.000 € pour le lauréat

Il faut dire que la récompense est alléchante : le grand gagnant remportera un financement de recherche à Paris auprès du PSG et de l’X à hauteur de 100.000 €. N’importe qui peut postuler. Aucun critère de diplôme n’est requis. Il faut « simplement » réussir le challenge imaginé par Mathieu Rosenbaum, professeur au département de mathématiques appliquées de l’Ecole polytechnique, ses doctorants Paul Jusselin et Othmane Mounjid, et Mathieu Lacome, responsable recherche et développement au PSG. Pour la première épreuve, les candidats planchent sur une base de données fournie par la société de statistiques Opta Sports et établie d’après les vidéos des matchs de la Ligue 1 en 2016-2017. Ils doivent développer des algorithmes capables de soumettre à l’entraîneur des conseils pour sa prise de décision. Imaginer un logiciel qui aura analysé toutes les données et qui sera capable de dire qu’après telle ou telle situation, statistiquement, il se passe telle action, tel joueur réagit ainsi… Cinq finalistes seront retenus pour la finale organisé le 21 mai au Parc des Princes lors la conférence internationale du PSG sur la performance sportive. Ils exposeront le résultat de leurs recherches devant une centaine d’experts et de chercheurs de renommée mondiale et devant les analystes des meilleurs clubs européens de football. L’idée est d’élaborer des logiciels d’aide à la décision pour les entraîneurs, qui ne peuvent pas être remplacés par des algorithmes. « Ne serait-ce que parce que les algorithmes ne savent pas réagir face à une situation inédite », souligne Mathieu Rosenbaum. Le sport qui s’appuie sur le big data n’en est encore qu’à ses balbutiements, surtout en France.

2012
Depuis 2012, le Paris Saint-Germain a créé une cellule performance qui « travaille auprès de l’équipe première pour analyser les données de jeu et identifier les leviers des succès sportifs du club ». Quant à l’École polytechnique, elle est engagée dans un programme « pour développer des recherches scientifiques de haut niveau appliquées aux sports et handisports, notamment en vue des JO de Paris en 2024. »

Le but de ce challenge n’est pas de servir uniquement le PSG. D’autres clubs et d’autres sports pourront aussi bénéficier de ce type de travaux.