Coup de tonnerre dans le paysage médiatique français. Plus d’un milliard d’euros pour diffuser durant trois ans (2018-2021) l’intégralité des matchs des matchs de la Ligue des champions et de l’Europa League. Ni Canal+, ni beIN Sports ne sont concernés. SFR, qui avait déjà frappé avec les droits de la Premier League, surprend tout le monde avec sa razzia. Que cela change-t-il pour les amateurs de ballon rond ? Jusqu’où ira SFR pour s’imposer sur le marché ?

Le résultat de l’appel d’offres de l’UEFA était très attendu. Mais son issue surprend. Alors qu’un partage des droits entre plusieurs diffuseurs semblait se dessiner, SFR a tout raflé. La Ligue des champions et l’Europa League. Jamais encore un diffuseur français n’avait détenu la totalité des droits. Tout est inédit dans cet accord. Jamais Canal+ n’avait été hors du terrain pour diffuser des rencontres de Coupes d’Europe. Le montant est lui aussi inédit. Actuellement, la Ligue des champions est partagée entre beIN Sports qui propose tous les matches (avec le choix de la meilleure affiche à partir des huitièmes de finale) contre 90 millions d’euros par an, avec l’Europa League en plus, et Canal+ pour le match du mercredi, contre 50 millions d’euros annuels. Comme avec la Premier League, SFR a mis la concurrence KO. Selon Le Monde, l’opérateur téléphonique de Patrick Drahi déboursera environ 350 millions d’euros par an pour les droits de diffusion de la Ligue des champions et de la Ligue Europa de 2018 à 2021 ! Les opérateurs hexagonaux déboursaient un peu plus de 50 millions d’euros seulement à la fin des années 2000 pour retransmettre la C1.
La semaine précédente, Canal+ se félicitait du gain des droits du Championnat du monde de Formule 1 pour les prochaines saisons (2018-2020). Mais ce n’est pas un « droit socle ». C’est-à-dire capable de faire migrer massivement des abonnés. C’est en revanche le cas de la Ligue des champions. Un coup dur pour la chaîne cryptée, dont on pensait qu’elle serait aidée par Orange. Mais elle n’est pourtant pas le principal battu dans l’affaire. Pour résister, Canal+ peut encore compter sur la diffusion de films de cinéma et des séries exclusives afin de retenir ses abonnés. Ce revers est en revanche une vraie gifle pour la stratégie incompréhensible de beIN Sports. La chaîne qatarie perd l’un de ses programmes phares qui remplissait ses grilles en milieu de semaine. Déjà déficitaire avec une offre importante en football, beIN Sports va devoir réagir pour conserver ses 3 millions d’abonnés.

Cette intensification de la concurrence entre opérateurs sur le marché hexagonal est-elle une bonne nouvelle pour les clubs français et le prochain appel d’offres de la Ligue 1 ? Les droits ont déjà été cédés jusqu’en 2020. Il n’est pas prévu à l’heure actuelle d’anticiper un nouvel appel d’offres.

Les détenteurs de droits peuvent avoir le sourire. Si on suit la logique de SFR, et de sa maison mère Altice, le monde des télécoms et des médias convergent avec les Etats-Unis comme exemple. Or, outre-Atlantique, les opérateurs télécoms investissent 25 % de leur chiffre d’affaires dans le contenu.
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SFR diffusera 443 matchs en exclusivité, dont 240 en direct.