La semaine est décisive pour le Paris SG. Champion de France depuis dimanche pour la septième fois de son histoire, le club parisien dispute une demi-finale de Coupe de France mercredi, avant vendredi de rencontrer les pontes de l’UEFA pour défendre son modèle économique. Une nouvelle fois, le club parisien est accusé d’avoir surévalué ses contrats marketing.

Cette fois, l’attaque vient d’Angleterre. Après les précédentes escarmouches venues de l’Espagne et de l’Allemagne, le Financial Times dénonce les accords de marketing signés par le Paris SG avec ses partenaires. Le vénérable quotidien économique laisse entendre que les contrats de sponsoring du PSG sont surévalués. FT est même plus direct. Les accords sont « considérablement surestimés » par rapport aux prix réels du marché, écrit l’organe de presse. Une question que l’on pensait réglée depuis les sanctions négociées entre le club parisien et l’UEFA. En 2014, le champion de France avait en effet été condamné une amende de 60 M€ (dont 40 avec sursis) pour des faits de même nature, et par une limitation de son effectif pour disputer la Ligue des champions. Mais le Financial Times revient à la charge et évoque une possible exclusion des coupes d’Europe. De surévalués, les contrats marketing deviendraient pour le coup sans objet… « Le PSG ne peut que déplorer, à quelques jours d’un point d’étape prévu avec l’UEFA, que sortent une nouvelle fois des informations erronées et dirigées contre le club dans la presse britannique, répond le club de la capitale. Le PSG rappelle que le club est suivi depuis quatre ans par l’UEFA dans le cadre du “settlement” signé en 2014 entre les deux parties, et dont il est sorti en 2017. De fait, l’instance européenne dispose d’une vision claire et transparente de l’état des finances du club, et en particulier des montants des contrats pluriannuels qui le lient à ses partenaires. » Mais en 2014, le PSG n’avait pas encore explosé les repères comme l’été dernier avec 417 M€ d’achats de joueurs, dont Neymar au FC Barcelone (222 M€) et Kylian Mbappé à Monaco (un prêt payant avec option une d’achat qui deviendra obligatoire en fin de saison pour 145+35 M€), compensées par 93 M€ de ventes depuis le début de la saison 2017-2018. Deux transferts retentissants qui ont rendu fou les rivaux parisiens. « La procédure suit son cours, poursuit le club. Le PSG est en lien permanent avec ses interlocuteurs à l’UEFA, et se présentera en toute sérénité devant l’instance dirigeante du football européen le 20 avril prochain pour présenter son dossier. »

Le juste prix ?

Pour étayer sa thèse, FT s’appuie sur les conclusions d’une étude réalisée par l’agence américaine Octagon pour le compte de l’instance de contrôle des clubs, en charge de l’application des règles du Fair-Play Financier (FPF). Dans la ligne de mire, une nouvelle fois, les « parties liées » au club. A savoir les sponsors qatariens du PSG (Qatar Tourism Authority, Qatar National Bank ou encore l’opérateur téléphonique Ooredoo), liées au club de la capitale par un même actionnaire : l’état du Qatar. L’impact des parties liées ne doit pas dépasser 30% des revenus globaux de sponsoring d’un, club selon le FPF. Pour se défendre, le PSG a mandaté sa propre expertise auprès du cabinet Nielsen. Et ses conclusions seraient tout autres…

Lors de son rendez-vous avec l’UEFA, le PSG cherchera à convaincre que le prix acquitté par ses sponsors pour être liés au club est le bon. Le PSG devrait également mettre en avant l’arrivée de nouveaux partenariats au cours des prochaines semaines, non liés au Qatar, et qui pourraient ainsi rééquilibrer la balance. Les recrutements de Neymar et Mbappé ont en outre permis un bond dans le domaine du merchandising. Quoi qu’il en soit, aucune sanction ne pourra de toute façon être prise avant la clôture de l’exercice en cours, fixée au 30 juin. D’ici là, il est toujours possible de vendre des joueurs afin de rééquilibrer au mieux les comptes.

100
Octagon aurait décoté le contrat avec Qatar Tourism Authority (QTA). Il passerait à moins de 50 M€. Ce partenariat a déjà été dévalué lors de la négociation de 2014 avec l’UEFA et ramené à l’époque à 100 M€.