Le PDG du PMU, Philippe Germond, annonce que le Pari mutuel urbain se prépare depuis plusieurs mois à lancer une offre globale de paris sportifs pour l’ouverture du marché français des jeux en ligne à la concurrence.

Dans une interview au Journal du Dimanche, Philippe Germond qui vient de prendre les rênes du PMU au mois de mai, précise que cette offre, que nous voulons la plus compétitive, sera composée de football qui devrait représenter 70 à 80% du marché et d’autres sports majeurs comme le tennis ou le rugby. Le PMU, ajoute son PDG, se lancera dans les paris sportifs avec ses propres moyens car il dispose d’un atout majeur : les 13% de Français qui jouent au PMU.

L’annonce faite par Philippe Germon n’est pas à proprement parler une révélation (voir La Lettre du Sport n°544). Puisque de nouveaux opérateurs vont venir le concurrencer sur son terrain, les champs de course, il était logique de voir le Groupement d’intérêt économique (GIE) représentant 51 sociétés de course, étendre son périmètre.

Encore que… n’oublions pas une chose : dans le cadre de l’ouverture maîtrisé des jeux d’argent, le gouvernement a prévu que les nouveaux concurrents du PMU qui organiseront des paris hippiques devront rétribuer les sociétés de courses afin de pérenniser un système qui assure le financement de la filière cheval et de ses 69.000 emplois directs.

Selon Philippe Germond, qui a connu précédemment l’ouverture du marché de la téléphonnie à la tête de SFR, le PMU résiste plutôt bien à la crise avec une croissance d’activité de 1% au premier semestre 2009 (4% en 2008) et le nombre de joueurs est resté stable. En 2008, le PMU a réalisé un chiffre d’affaires de 540 millions d’euros avec des paris hippiques sur internet (en un an, l’activité a progressé de 25%) pour un chiffre d’affaires global de 9,26 milliards d’euros (NDLR : douzième année consécutive de hausse) avec un bénéfice net de 736 millions d’euros. Le PDG de l’opérateur de paris hippiques annonce par ailleurs que le nombre des points de vente va passer de 10.000 aujourd’hui à 12.000 d’ici à deux ans. Sur internet, il espère finir l’année 2009 avec 650 à 700 millions d’euros de chiffre d’affaires en ligne, ce qui ferait du PMU un des cinq plus gros sites marchands d’Internet en France. A l’horizon 2012, et en se basant sur une projection d’un marché des paris sportifs en ligne de 2 à 3 milliards d’euros en France, le PDG du PMU se fixe un objectif ambitieux : Le PMU doit pouvoir prendre 20% à 25% de cette somme, soit 400 à 500 millions d’euros.

Si les différents acteurs sont prêts ou se déclarent prêt à l’ouverture du marché, le législateur a du retard à l’allumage. Le rapporteur du projet de loi sur l’ouverture du marché des jeux en ligne, le député UMP Jean-François Lamour a déclaré début juillet que les chances sont minimes pour que le texte soit promulgué au 1er janvier 2010. L’ancien ministre des Sports estime par ailleurs qu’à cette date, les autorisations aux opérateurs ne seraient pas encore délivrées par l’ARJEL, l’autorité de régulation des jeux en ligne.