Les Jeux olympiques démarrent le 5 août. Dans le chaos ou la précipitation, le Brésil a poursuivi des objectifs disparates pour être prêt à accueillir les premiers JO sud-américains de l’histoire. Les performances des athlètes diront si ces Jeux ont été les meilleurs de l’histoire, selon la formule consacrée.

Le maire de Rio Eduardo Paes n’est pas peu fier de présenter les Jeux de Rio avec un budget inférieur aux prévisions. Le budget des JO 2016 présenté par la mairie s’élève à 4,3 milliards de dollars (3,9 Md€). Il ne comprend par les travaux dits d’héritage des autorités, c’est-à-dire essentiellement les infrastructures de transport. Coût total annoncé : 6,7 milliards d’euros. Celui d’Eduardo Paes porte sur les installations olympiques, mêlant réfections et constructions ex nihilo, qui ont coûté 1,9 milliard d’euros et l’organisation pour 2 milliards d’euros. Il s’enorgueillit d’un coût finalement inférieur de 35 % par rapport aux prévisions du dossier de candidature (6,4 Md$ soit 5,8 Md€). J’ai réduit le budget en faisant des économies, a expliqué l’édile. Dans le Stade aquatique, la fédération internationale voulait que je retire les quatre piliers. Il aurait alors fallu que je dépense 50 millions de reais de plus. Les JO de Rio n’ont aucun stade conçu par de grands architectes de renom international, précise-t-il. Ce sont des arènes fonctionnelles, simples et belles. Ici, avec le paysage de la ville on n’a pas besoin de constructions grandioses. L’organisation des JO 2016 a également pu bénéficier des lignes directrices du CIO qui a cherché à en finir avec les JO pharaoniques en adoptant fin 2014 un « Agenda 2020 ». Le CIO fournit des solutions clé en main pour que les organisateurs puissent éviter certaines dépenses. Le projet carioca a été porté à hauteur de 80 % par le secteur privé, via notamment les partenariats public-privé (PPP). Pour la première fois, un comité organisateur était même financé à 100 % par des sponsors.

M. Paes s’était appuyé sur une étude parue en 2012 d’un chercheur danois de l’Université d’Oxford pour comparer le budget olympique vertueux de Rio à ceux, pharaoniques, des précédentes villes organisatrices. Mais le chercheur a produit une nouvelle évaluation du budget carioca en ce mois de juillet, faisant état non d’une baisse du coût de 35 %, mais au contraire d’un surcoût de 51 %, ce qui le situe dans la moyenne des JO depuis 1999. Dans tous les JO que nous avons étudiés, nous avons constaté que le coût prévisionnel du dossier de candidature a été dépassé, et Rio 2016 ne fait pas exception, selon le spécialiste. C’est faux!, s’est insurgé le maire de la ville. Il y a une épidémie mondiale de spécialistes. Il y a toujours quelqu’un prêt à faire une petite étude qui l’arrange. Ils commencent par la fin puis construisent la thèse. Vrai ou faux, Rio 2016 reste très en-deçà des Jeux de Londres 2012, qui ont coûté 11,6 milliards d’euros, quatre fois plus que prévu.