Initialement prévue du 25 juin au 19 juillet, la Grande Boucle, contrainte par la pandémie de Covid-19, s’élancera le 29 août de Nice. Un calendrier inédit, mais salvateur pour l’écosystème du cyclisme.

En plus de cent éditions, le Tour de France ne s’était jamais disputé à une période aussi étrange. En 2020, la rentrée sera accompagnée par la Grande Boucle. Comme l’a révélé Le Dauphiné mardi, le Tour partira de Nice le 29 août à Nice et arrivera le 20 septembre sur les Champs Élysées à Paris. Un choix dictée par la pandémie de Covid-19. Les dates initiales du 27 juin au 19 juillet étaient déjà illusoires depuis plusieurs semaines. Elles ont volé en éclats lundi soir avec l’allocution du président de la République, Emmanuel Macron, annonçant le prolongement du confinement en France jusqu’au 11 mai et surtout l’interdiction des événements accueillant du public jusqu’au 16 juillet. Amaury Sport Organisation (ASO) a choisi de se donner de la marge en décalant le totem du cyclisme de deux mois. Un moindre mal. En septembre, le public (10 à 12 millions de spectateurs) sera forcément beaucoup moins nombreux sur le bord des routes. Les audiences télé seront moins satisfaisantes pour les diffuseurs et le charme des vacances de juillet sur le bord de la route cédera la place à une ambiance inédite. Mais le cyclisme tremble depuis des semaines d’une possible annulation de la Grande Boucle face aux difficultés rencontrées par les sponsors.

Avec ces deux mois de décalage, les coureurs pourront suivre une préparation physique autrement que sur leur home-trainer. C’est aussi la possibilité d’organiser avant le Tour diverses courses préparatoires, petites ou grandes. Bref, retrouver un semblant de vie. Un Tour en septembre, c’est aussi la solution pragmatique et logistique. Le barnum du Tour compte 4.500 personnes qu’il faut loger tout au long du parcours. La réservation des milliers de chambres d’hôtels sera plus facile à la rentrée qu’en plein été.

Tous les doutes ne sont pas levés
Le Tour de France, comme Roland-Garros (qui débutera le 20 septembre, jour de l’arrivée du Tour) peut s’estimer heureux d’être l’un des grands rescapés du sport mondial en 2020. Mais toutes les incertitudes ne sont pas résolues pour autant. La première d’entre elles concerne évidemment la situation sanitaire. Quelle sera-t-elle à la fin de l’été en France ? Faute d’immunisation générale, des mesures de distanciation sociale seront certainement encore nécessaires durant l’épreuve. La caravane publicitaire précédera-t-elle le peloton ? Les coureurs seront-ils testés avant le départ, puis plusieurs fois pendant la course, même en l’absence de symptômes, afin d’éviter une contamination ravageuse de tout le peloton ? Enfin, ces nouvelles dates sont un défi pour les instances du cyclisme mondial. Avec un Tour en août, il semblait relativement simple de recaser la Vuelta (également organisée par ASO) et le Giro (réduits à deux semaines au lieu de trois) en septembre puis en octobre, tout en intercalant sur certains week-end les plus grandes classiques : Milan-San Remo, Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie, plus les championnats du monde. Ce sera sans doute plus compliqué que prévu.