Avant le départ du Tour de France depuis Bruxelles (Belgique), 34 députés et six ONG environnementales ont pressé ASO, organisateur du Tour, de laisser les cadeaux publicitaires offerts aux spectateurs dans les cartons. ASO ne reste pas inactif sur ce sujet sensible. Explications.

Près de la moitié des 12 millions de spectateurs de la Grande Boucle viennent en premier lieu pour voir défiler la caravane et ses véhicules, représentant plus de 30 marques sponsors. «Chaque année, 18 millions de ces goodies sont distribués sur le Tour de France», évalue Nicolas Imbert, directeur général de l’ONG environnementale Green Cross France. Pour la nouvelle édition, la voilure a été réduite de 3 millions en fait. Ça reste trop pour le député UDE (Union des démocrates et des écologistes) François-Michel Lambert. Le député des Bouches du Rhône est l’auteur d’une tribune dans le Journal du Dimanche, signée par 34 députés et six ONG. Elle pointe l’irresponsabilité environnementale des organisateurs de la Grande Boucle que symbolisent ces millions de goodies. «Beaucoup de ces cadeaux sont en plastique, regrette François-Michel Lambert. Combien de ces millions de cadeaux publicitaires finissent aussitôt au fond d’un tiroir avant d’être incinéré ou enfoui faute d’avoir su les trier ?»

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million de bouteilles d’eau Vittel sont distribuées pendant le Tour de France, ainsi que 160.000 cabas recyclables et fabriqués à partir de bouteilles recyclées. La marque profite de sa présence sur la Grande Boucle pour sensibiliser le public à la collecte et au recyclage des emballages plastiques.

Ce n’est pas la première fois que l’impact écologique de la compétition est montré du doigt. Sur le sujets, ASO ne reste pas insensible. «Nous comprenons vos préoccupations, qui sont aussi les nôtres, et nous nous engageons à continuer d’agir pour améliorer encore davantage notre action dans ce domaine», répond Christian Prudhomme, directeur du Tour de France. ASO dit avoir entamé «depuis maintenant cinq ans, avec (ses) partenaires, une politique de réduction du plastique dans les cadeaux que les marques offrent au public». «A titre d’exemple, les casquettes et tee-shirts qui ont pu autrefois être emballés dans un sac en plastique sont aujourd’hui systématiquement remis sans emballage», illustre Christian Prudhomme. Il n’y a plus non plus de tracts, de dépliants et de prospectus distribués par la caravane, et celle-ci suit les recommandations du cabinet d’expertise Biotope lorsqu’elle traverse des zones classées Natura 2000, soit 82 sites pour l’édition 2019. Cela peut conduire à une non-distribution de la caravane dans un secteur donné, un arrêt de la sonorisation, le non-survol des hélicoptères de la télévision.

D’ici peu, les voitures de l’organisation (250 véhicules en 2018) rouleront à l’hybride. Une façon de s’attaquer à un autre impact environnemental important de ce type d’épreuves.