Après onze saisons et un palmarès de référence en Formule E, DS Automobiles actera son retrait à l’issue de la saison 12. Un tournant qui accompagne la réorganisation des marques du groupe Stellantis dans le sport et confirme le basculement vers de nouveaux terrains d’innovation et d’activation pour la marque.
L’annonce met fin à une présence pionnière dans le championnat du monde Formule E. Engagée dès 2015, DS Automobiles s’impose comme l’une des références techniques de la discipline avec quatre titres mondiaux, 18 victoires et 55 podiums. Une longévité rare dans un championnat encore jeune, qui souligne le rôle de la compétition dans la montée en puissance de la marque sur l’électrique. Au-delà des résultats sportifs, cette présence a permis à DS de s’installer dans l’écosystème du sport automobile comme un acteur crédible du premium électrifié, avec une exposition internationale sur cinq continents et un transfert technologique revendiqué vers ses modèles de série. « Après 11 années d’engagement pionnier en Formule E, 18 victoires, 2 titres de champion du monde des pilotes et avec deux titres de constructeurs, DS Automobiles a démontré sa capacité à transformer la compétition en une réalité de haute technologie », estime Xavier Peugeot, PDG de DS Automobiles.
Une décision anticipée dans un contexte de réorganisation interne
Si la communication officielle insiste sur l’ouverture d’un nouveau chapitre, le retrait n’apparaît pas comme une rupture brutale. Plusieurs signaux convergents avaient déjà préparé le terrain. D’abord, l’annonce en janvier de l’engagement auprès de l’équipe de France de SailGP en voile, qui devient de facto le seul programme sportif de la marque à partir de l’été 2026. Ensuite, la redistribution des rôles au sein de Stellantis, avec l’arrivée de Citroën en Formule E en remplacement de Maserati. Le transfert du pilote Jean-Éric Vergne vers Citroën à l’intersaison a également acté cette transition. Autant d’éléments qui traduisent une rationalisation des investissements sportifs à l’échelle du groupe.
Le retrait de DS ne signifie donc pas un désengagement de Stellantis, mais plutôt une redistribution des actifs entre ses marques. L’entrée de Citroën permet de maintenir une présence dans le championnat tout en repositionnant les identités de marque. La Formule E reste un outil d’image pour les constructeurs, mais son modèle économique et sa visibilité médiatique continuent d’évoluer, poussant certains acteurs à arbitrer leurs investissements.
La voile, nouveau terrain d’expression

Le choix de la voile de haut niveau, via SailGP, s’inscrit dans une logique différente mais cohérente avec les enjeux industriels actuels. Le circuit, positionné sur des formats courts, offre des opportunités d’hospitalités premium et d’activations BtoB proches de celles de la Formule E, tout en se distinguant par une image plus exclusive et environnementale. Sur le plan technologique, les foilers de SailGP deviennent un laboratoire pour travailler sur l’aérodynamique, la gestion des flux, la légèreté des matériaux composites et les systèmes logiciels embarqués. Des thématiques directement transposables à l’automobile électrique, notamment dans l’optimisation de l’autonomie et de l’efficacité énergétique. Ce repositionnement traduit aussi une évolution des plateformes d’innovation recherchées par les constructeurs, moins centrées sur la seule motorisation et davantage sur l’écosystème global de performance.
D’ici la fin de la saison 12, DS Automobiles entend capitaliser sur son héritage en Formule E, avec l’ambition de conclure sur une performance sportive notable.
