Yann Eliès a trouvé un sponsor, le loueur de véhicules Ucar. Il pourra ainsi être au départ, le 4 novembre, de la Route du Rhum.

Le skipper avait payé les 20.000 € d’inscription avant même d’avoir la garantie de trouver un nouveau partenaire. «J’ai douté sur la façon dont j’exerçais mon métier, je me suis demandé s’il ne fallait pas que je diminue le temps de navigation qui est pourtant le cœur de mon métier pour passer plus de temps à Paris, à faire des conférences, à manger des petits fours dans les cocktails», a confié Eliès au Télégramme. «Le constat était là, ceux qui trouvent de l’argent sont des gens qui naviguent moins que moi, certains ont moins de résultats. Dans notre métier, on se retrouve face à un dilemme pas toujours facile à résoudre : “Combien de temps dois-je consacrer à faire du bateau ?” et “Combien de temps à faire des relations publiques et du média ?” Tu as beau avoir un palmarès, ce n’est pas simple de se vendre.» Dans la foulée de sa cinquième place du Vendée Globe 2016-2017, Groupe-Queguiner avait annoncé ne plus vouloir continuer dans la classe Imoca. Eliès avait alors disputé la transat Jacques-Vabre, en double avec Jean-Pierre Dick, sur le bateau et sous les couleurs du Niçois. Le duo l’a emporté au Brésil en décembre 2017. Depuis Jean-Pierre Dick a pris de la distance avec la course au large, mais a cédé l’utilisation du bateau à Eliès. Dick a aussi gardé un sérieux réseau. C’est grâce à celui-ci que la rencontre entre Yann Eliès et Jean-Claude Puerto, le président d’Ucar a pu se faire. «J’ai été frappé par la personnalité de Yann Eliès, au mélange détonnant. À la fois un marin très expérimenté avec une rage de vaincre de débutant. Comme s’il n’avait à la fois plus rien et tout à prouver. J’ai pensé : ”Wouahh, il en a sous la pédale”, comme on dit dans la bagnole», confie Jean-Claude Puerto. « Je suis vraiment heureux d’être au départ et de faire découvrir ce sport engagé aux collaborateurs d’Ucar. J’ai les crocs, je veux l’accrocher à mon palmarès ! » lâche le marin. Après la transat, le skipper de 44 ans aspire à être au départ du Vendée Globe en 2020. Pour l’heure Ucar (78 M€ de chiffre d’affaires) n’est pas partant. Mais Eliès n’a pas dit son dernier mot.