D’après les informations du Monde, la direction du Stade Français songe à monnayer le nom de l’enceinte auprès d’une marque.

Le Stade Français ne serait pas le premier à débaptiser ainsi son enceinte. Mais le sujet risque de faire polémique. Le nom du stade Jean-Bouin honore la mémoire d’un athlète français mort pendant la première guerre mondiale. Quelle marque acceptera ainsi d’effacer un nom historique du sport français ? Propriété depuis deux ans du milliardaire Allemand Hans-Peter Wild, le club du Top 14 entend assumer la gestion de Jean-Bouin – et donc le droit de monnayer son nom. Mais les dirigeants ont d’abord besoin de l’accord de la mairie, propriétaire de l’équipement financé avec près de 160 millions d’euros d’argent public.. A un an des élections municipales, on croit connaître sa réponse…

Il faut attendre le prochain conseil de Paris, qui se tiendra du 11 au 14 juin, pour en savoir plus. En cas de vote favorable, la mairie confiera au Stade français la gestion de l’infrastructure pour une période de dix ans à partir du 1er juillet 2019, par l’intermédiaire d’une nouvelle convention d’occupation du domaine public (CODP). A défaut d’annoncer la marque associée au naming, les dirigeants du club partent du principe que ce contrat pourrait s’élever à une somme estimée entre 2 et 2,4 millions d’euros par an entre 2020 et 2029. C’est-à-dire le haut de la fourchette pour ce type de contrat en France. La convention comprend aussi des possibilités de résiliation pour le Stade français. Une éventualité dans deux cas de figure : si l’architecte du stade – en l’occurrence le Français Rudy Ricciotti – refuse le recours au naming, ou si le conseil de Paris estime que la marque choisie pourrait «porter atteinte à l’ordre public et aux bonnes mœurs».

Depuis sa prise de contrôle, l’entrepreneur allemand investit à perte dans le Stade français. Sa première saison de plein exercice, en 2017-2018, a entraîné un déficit record de 18 millions d’euros.

La mairie de Paris a déjà dit oui au naming dans le passé
En 2015, la mairie de Paris avait déjà autorisé un autre partenariat de ce type : le groupe AccorHotels verse une somme évaluée à 3,25 millions par an pour apposer pendant une décennie son nom au Palais omnisports de Bercy (renommé AccorHotels Arena), propriété de la mairie de Paris. Mais dans ce cas, ce partenariat est plus rentable pour la Ville. Autre différence : l’exploitation de l’AccorHotels Arena est omnisports et comprend des spectacles. L’activité du stade Jean-Bouin repose, quasi exclusivement, sur les matchs de l’équipe professionnelle du Stade français.