Les athlètes américains sélectionnés pour les Jeux olympique de Tokyo, l’été prochain, pourront promouvoir leurs sponsors pendant la période de compétition. Une pratique interdite jusqu’ici, mais largement contournée par les plus malins.

Le Comité olympique américain (désormais renommé USOPC depuis le scandale Larry Nassar) vient d’éditer une nouvelle règle permettant aux sportifs de remercier leurs partenaires personnels qui pourront également s’engager dans la publicité générique pendant les Jeux. L’instance prend en compte les demandes des athlètes qui ne comprenaient pas pourquoi, lors de l’événement le plus important de leur carrière, ils ne pouvaient pas faire honneur aux partenaires qui les suivent tout au long de l’année. «Nous avons fait en sorte de mettre en place une ligne directrice qui permette aux athlètes d’exploiter leurs performances sur le plan marketing, mais dans le respect de la règle 40, pour ne pas défavoriser nos partenaires et mettre en danger nos sources de financement», explique Sarah Hirshland dans un communiqué de l’USOPC.

Les sponsors officiels du Comité olympique américain continueront d’avoir leur exclusivité pour l’usage du logo et de l’image de Team USA. Les Etats-Unis sont le troisième pays, après l’Allemagne et l’Australie, à faire fi de la sacro-sainte règle 40 de la charte olympique. Celle-ci réserve aux seuls partenaires officiels des Jeux olympiques, dont les membres du programme mondial de marketing TOP, l’usage des anneaux olympiques. Elle interdit aux athlètes de commercialiser leurs performances et leur image pendant la période des Jeux. En début d’année, une agence fédérale allemande a estimé que la règle en question était contraire aux lois du pays régissant la concurrence. Elle l’a jugée irrecevable. Et, par extension, autorisé les athlètes allemands à ne plus la respecter, dès les Jeux de Tokyo 2020. En réponse, le CIO avait fait savoir que l’application de la règle 40 serait désormais à traiter au cas par cas, pays par pays, par les comités nationaux olympiques.

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Scott Blackmun, l’ancien directeur général du comité olympique américain, a démissionné, mais n’est pas parti les mains vides. Poussé à la démission en février 2018, à la suite du scandale Larry Nassar, il a perçu une indemnité de départ de 2,4 millions de dollars. Blackmun a quitté ses fonctions après la fin des Jeux de PyeongChang 2018, quelques semaines seulement après avoir révélé souffrir depuis plusieurs mois d’un cancer de la prostate. Selon Suzanne Lyons, la présidente de l’USOPC, l’indemnité de départ a été approuvée par le conseil d’administration. En prime, le comité olympique américain a dû débourser plus de 5 millions de dollars en frais et honoraires auprès de deux cabinets d’avocats dans le cadre d’une longue enquête interne sur son rôle dans l’affaire Larry Nassar.