Si ce n’est pas une décision «anti-Newcastle», cela y ressemble. Dix-huit des vingt membres de la Premier League ont voté pour l’interdiction, temporaire, du financement des clubs par leur propriétaire via des contrats de sponsoring. Quelques jours après l’officialisation de la prise de pouvoir du fonds souverain saoudien PIF à Newcastle, personne n’est dupe.

La mesure, votée lors d’une réunion d’urgence organisée lundi soir, est provisoire. Elle est prévue pour durer un mois, le temps de permettre des discussions sur une modification pérenne des règles. Selon le Guardian, Newcastle a voté contre bien sûr et Manchester City – dont le sponsor maillot et du stade est la compagnie aérienne Etihad, propriété du gouvernement Emirati dont est proche le propriétaire de City – s’est abstenu. Les deux clubs ont mis en doute la légalité de cette décision, précisent les journaux.

Les autres clubs redoutent que des contrats de sponsoring passés avec des compagnies saoudiennes permettent à Newcastle de contourner les règles du fair-play financier édictées par la Premier League qui n’autorisent que 105 millions de livres (125 M€ environ) de pertes cumulées sur trois ans.

La semaine dernière, le propriétaire de Leeds, Andrea Radrizzani, avait plaidé pour un renforcement de ces règles pour s’assurer que tous les clubs «jouent le même jeu». Jurgen Klopp, l’entraîneur de Liverpool, a de son côté estimé que l’argent n’achetait pas le succès. Il est vrai que les Reds n’avaient pas hésité à débourser 84 M€ pour faire venir le défenseur Virgil van Dijk de Southampton à l’hiver 2017, chaînon manquant du puzzle de Klopp à Liverpool…

Reste que la décision d’interdire ce type de sponsoring peut surprendre. Lors du feu vert accordé à la reprise des Magpies, la Premier League avait indiqué avoir reçu des garanties que le Royaume d’Arabie saoudite se tiendrait à l’écart de la gestion du club…