Le Dr Richard Freeman a-t-il dégoupillé une grenade qui risque d’exploser à tout moment ? L’ancien médecin de l’équipe Sky (devenue Ineos) est passé aux aveux et jette une ombre sur l’équipe cycliste la plus dominante de ces dix dernières années, vainqueure des 5 derniers Tour de France. Jim Ratcliffe, propriétaire d’Ineos, met les points sur les «i» quand à son engagement.

Qu’est-ce qui fait sortir du silence Jim Ratcliffe ? L’affaire du colis suspect, que traîne comme un boulet Dave Brailsford, le manager de l’équipe cycliste, depuis 2011 semble peser de plus en plus lourd. Le Dr Richard Freeman, qui a quitté l’équipe avant l’arrivée du nouveau sponsor le 1er mai dernier, a bel et bien commandé les patches de testostérone qui lui avaient été livrés en mai 2011, mais pour un membre du staff Shane Sutton selon ses dires.

Dans un entretien au Times, Jim Ratcliffe rappelle qu’il quittera le cyclisme si son équipe est associée à une affaire de dopage. Lors de son arrivée en mai dernier, la première fortune d’outre-Manche avait déjà averti : «Le jour où cela [le dopage] rentre dans notre monde, nous le quitterons». Le contrôle anormal de Chris Froome en 2018 a servi de joker. le milliardaire ne souhaitait prendre aucun risque concernant sa propre image. Ratcliffe a averti le manager principal : «Dave devra faire face de ce côté-là. L’histoire ne m’intéresse pas, seulement notre temps et notre avenir. S’il y a des problèmes pour Dave, il devra s’en occuper. Il ne se passe rien dans notre équipe.»

Ratcliffe a fait fortune dans la pétrochimie. Un secteur où le hasard n’a pas sa place. Il applique la même méthode pour l’équipe cycliste : «On a vérifié toutes les procédures, les antécédents des médecins. Quand vous achetez une équipe cycliste, il n’y a pas beaucoup de formalités juridiques mais nous avons pris beaucoup de temps pour faire preuve d’une raisonnable diligence. Ces vérifications ont été faites par des avocats externes qui ont passé au peigne fin les procédures, les tests. Nous avons fait cela avec le maximum de sérieux. Au moment du rachat, les règles et les procédures en place au sein du Team Sky étaient les plus sophistiquées et les plus rigoureuses mises en place dans le cyclisme.»

«Si notre avocat en chef me dit un jour qu’il a un problème avec l’équipe, ça sera terminé pour nous. Le jour où le doute concernant le dopage entre dans notre monde, alors nous quitterons immédiatement le cyclisme.»