Alors que la tenue du Tour de France, même en septembre, doit sauver la saison cycliste, l’équipe Ineos est prête à y renoncer.

L’équipe cycliste Ineos, pourvoyeuse des vainqueurs des cinq derniers Tours de France, ne participera pas à la Grande Boucle si les mesures de protection contre le coronavirus lui semblent insuffisantes. “Nous nous réservons le droit de nous retirer si nous estimons que c’est nécessaire” et notamment si le risque n’est pas traité “d’une façon adaptée, intelligente et responsable”, lance au Guardian son manager Dave Brailsford. “Tant que la course est au programme, nous envisageons de participer, mais dans le même temps, nous observerons la façon dont les choses vont évoluer”, a-t-il ajouté.

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La formation britannique a remporté 7 des 8 dernières éditions de la Grande Boucle (4 pour Christopher Froome, 1 pour Bradley Wiggins, 1 pour Geraint Thomas et 1 pour Egan Bernal), seule le Tour 2014 (Vincenzo Nibali) lui a échappé.

Ineos, auparavant nommée Sky, est imitée par l’équipe américaine Education First. “Ce serait probablement une bonne idée que les coureurs soient placés en quarantaine avant le départ”, a par exemple suggéré son manager Jonathan Vaughters, qui ne comprend pas le rejet d’un Tour à huis clos. “Je sais que ce ne serait pas conforme à la tradition mais cela me semble une bonne option parce que ça réduit les risques. Je ne veux pas que cette piste soit écartée. Si j’étais (les organisateurs), je considèrerais cela comme une option sérieuse”, a-t-il argumenté.

Les doutes d’une scientifique
Interrogée par Cyclingnews, une scientifique, conseillère du gouvernement écossais pour lutter contre la pandémie de Covid-19 s’inquiète de la tenue du Tour de France en septembre. «C’est une décision douloureuse mais ils n’ont pas le choix, estime Devi Sridhar professeure à l’université d’Edimbourg. La décision sage est d’annuler cette année. [Les organisateurs du Tour] doivent peser les risques par rapport aux avantages. Des milliers de personnes du monde entier, rassemblées, se déplaçant, de ville en ville, c’est là qu’un virus pourrait prospérer, ce pourrait être la catastrophe assurée. Il y a certainement un risque que le Tour de France déplace et propage sans le savoir le virus ce qui pourrait déclencher un nouveau confinement.» Et d’ajouter : «C’est un problème à long terme, un problème chronique. Ce virus est là pour rester et reviendra. Même si la France a la maîtrise en août, le problème sera les gens qui viendront de différents pays. Cela pourrait déclencher un nouveau groupe d’infections.» Et de suggérer que les personnes travaillant sur le Tour soient soumises à «une quarantaine de deux à trois semaines avant leur entrée dans le pays», avant de conclure pour Cyclingnews : «Ce ne sera pas comme le Tour des années précédentes. Il serait plus logique d’annuler. Cela semble plus réaliste.»