La Formule 1 s’est donnée pour horizon 2030 afin d’être en mesure de s’afficher comme « neutre en carbone ». Le Championnat du monde de monoplaces électriques a été plus rapide. Le Championnat du monde de Formule E affirme être devenu le premier sport à afficher une empreinte carbone nette égale à zéro depuis sa création.

Être neutre en carbone ne signifie pas n’émettre aucune émission de carbone, sinon le sport cycliste le serait depuis longtemps. La Formule E arrive à cette conclusion après avoir investi dans des projets dans chaque pays hôte des courses pour compenser les émissions de carbone lors des six premières saisons organisées. « Le championnat ABB FIA Formula E vise à offrir un avenir meilleur grâce à la compétition automobile, et nous nous engageons à jouer les premiers rôles dans la lutte contre les effets du changement climatique, affirme Jamie Reigle, chef de l’exécutif de la Formule E, dans un communiqué. Nous avons la responsabilité de minimiser l’impact environnemental de notre sport et sommes heureux de soutenir des projets environnementaux vitaux dans chaque pays accueillant la Formule E. »

Ce positionnement permet à l’organisateur de préempter un territoire particulièrement sensible pour les partenaires. Greenwashing ? C’est ce que lui reprochent ses détracteurs pour qui le tout-électrique n’est en aucun cas une solution écologique. Ils occultent les efforts entrepris pour réduire l’empreinte environnementale globale du championnat. Ainsi l’organisateur a optimisé avec le transporteur DHL les trajets et le calendrier du fret. Pour l’épreuve disputée à Paris, les murs et les barrières de protection sont acheminés par voie fluviale. Michelin a développé pour la formule E un pneu qui résiste à toute la journée de l’événement (essais et course) et qui est ensuite recyclé. Un reproche récurrent à la FE est de se disputer en ville et non sur des circuits existants. Mais courir en ville est une des idées fondatrices de la discipline. Outre les considérations d’image pour le championnat, l’objet pour les promoteurs est d’encourager l’amélioration de la qualité de l’air dans les centre-ville à travers l’augmentation du nombre de véhicules électriques.

L’annonce de la Formule E a été faite lors du lancement de la Semaine du Climat à New York . Suivant l’approche recommandée par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC), la FE a suivi plusieurs étapes pour atteindre une empreinte carbone nette zéro : « une mesure efficace de la production de carbone, en priorisant la réduction de son empreinte et en compensant les émissions inévitables restantes ».
Avec Quantis, experts analyse du cycle de vie et en durabilité, la FE calcule l’empreinte du championnat depuis sa saison inaugurale, en s’efforçant d’en réduire ses émissions. Ses mesures de réduction des émissions, notamment l’optimisation du transport et de la logistique, l’extension de la fin de vie des batteries à cellules lithium-ion et la suppression des plastiques à usage unique sur site, ont conduit la FE à devenir la première et la seule catégorie de course automobile à recevoir par un organisme tiers la certification ISO 20121 pour ses événements. Les émissions inévitables ont été certifiées comme compensées par des investissements dans les projets Gold Standard, Verified Carbon Standard et Carbon Development Mechanism de l’UNFCCC. Le championnat se déroule depuis sa création dans des pays en développement et sur des marchés émergents pour les véhicules électriques. Pour les événements européens dont l’E-Prix de Paris, le championnat a investi dans des certificats d’énergie renouvelable pour compenser les émissions inévitables de chaque E-Prix.